Spécialiste européen des composants et systèmes de stockage hydrogène haute pression, ARGO ANLEG a choisi Lorient pour développer sa filiale française. À proximité des ports, chantiers, armateurs, intégrateurs et projets de décarbonation maritime, l’entreprise entend mettre son expérience industrielle au service d’un enjeu clé : faire passer les projets hydrogène du démonstrateur à l’exploitation opérationnelle, avec des solutions sûres, documentées et approuvables.
Le paysage breton de l’hydrogène s’enrichit d’un nouvel acteur avec l’arrivée d’ARGO ANLEG SAS à Lorient. Forte de 25 ans d’expérience, de plus de 60 projets et de plus de 130 applications H₂ en service, l’entreprise souhaite accompagner les acteurs français de l’hydrogène, depuis la fourniture de composants critiques jusqu’à la réalisation de systèmes complets, avec une cible prioritaire : le secteur maritime.
Ce choix d’implantation répond à une logique industrielle et territoriale. Lorient offre une proximité directe avec un écosystème maritime dynamique, au contact des ports, chantiers, armateurs, intégrateurs, industriels, autorités et organismes d’approbation. Pour ARGO ANLEG SAS, cette implantation doit permettre d’apporter aux projets français une expertise de terrain, au plus près des usages et des contraintes opérationnelles.
Une expertise construite sur les applications exigeantes
En 2001, Jan Andreas, ingénieur franco-allemand aux origines familiales bretonnes et ayant participé au programme spatial européen, crée ARGO ANLEG en reprenant une partie des activités d’une entreprise spécialisée depuis les années 1980 dans la réalisation de skids gaz, pour les orienter progressivement vers les composants et systèmes critiques de stockage hydrogène haute pression. Sa conviction est simple : l’hydrogène peut être une brique utile de décarbonation, à condition de s’appuyer sur des produits techniques, sûrs, documentés et approuvables.
ARGO ANLEG a toujours porté une attention particulière aux applications de mobilité. L’entreprise a contribué à des projets dans les domaines routier, off-road, ferroviaire, aéronautique, compétition, défense et drones, tout en développant depuis plus de quinze ans une expertise spécifique dans le maritime et le fluvial.
Ce positionnement maritime n’est pas anodin. Passionné par le monde nautique, Jan Andreas a implanté son usine au bord du Rhin, puis sa filiale française à proximité du littoral breton. Le nom même de l’entreprise raconte ce lien à la mer : Argo était son premier bateau, tandis qu’Anleg fait écho aux Glénan.
Des composants critiques aux systèmes hydrogène complets
À Wesel, en Allemagne, ARGO ANLEG conçoit et fabrique une grande partie de ses composants critiques. Cette maîtrise interne constitue un élément central de son positionnement. Elle permet à l’entreprise de contrôler la qualité, la sécurité, la performance, l’adaptation aux contraintes clients et les couts et le calendrier des projets.
L’identité d’ARGO ANLEG, résumée par la signature “advanced hydrogen technology”, repose notamment sur son expertise des blocs forés. Ces composants regroupent plusieurs fonctions dans un ensemble compact, afin de limiter les interfaces, réduire les risques de fuite et améliorer la robustesse des systèmes. Cette approche est déployée depuis plus de dix ans dans des environnements exigeants, notamment dans le ferroviaire et les systèmes de régulation destinés aux piles à combustible.

L’entreprise développe également des composants et architectures adaptés aux contraintes maritimes : composants inox, vannes montées sur réservoirs, dispositifs de sécurité, blocs de régulation, modules de distribution, systèmes fixes ou swappables, bundles, tank-tainers et stations mobiles. L’enjeu n’est pas seulement de fournir un produit, mais de définir la bonne configuration de stockage selon le volume disponible, la quantité d’hydrogène embarquée, les contraintes réglementaires, les exigences d’intégration et les conditions d’exploitation.
« Notre force est de maîtriser en interne les briques essentielles afin de contrôler la qualité, la sécurité, la performance, l’adaptation aux contraintes client et le planning des projets. Cela nous permet de développer des composants et systèmes sur mesure, tout en nous appuyant sur des bases communes pour construire progressivement des standards, gagner en répétabilité, monter en cadence et optimiser les coûts », explique Benoît Perrot, CEO d’ARGO ANLEG SAS.
Cette capacité d’adaptation est particulièrement importante sur un marché hydrogène encore largement structuré en mode projet. Chaque application présente ses spécificités, les normes évoluent et l’ensemble des acteurs progresse par retour d’expérience. Pour répondre à cette réalité, ARGO ANLEG a également investi très tôt dans ses moyens d’essais internes. Chaque produit ou système suit un cycle de validation incluant des essais hydrogène.
Le maritime, un secteur où l’approbation est centrale
Dans le maritime et le fluvial, la question technique est indissociable de la question réglementaire. L’intégration de systèmes hydrogène à bord impose de travailler à la fois sur l’architecture, la sécurité, les zones à risques, la ventilation, les interfaces avec le navire, les contraintes d’exploitation et le dialogue avec les autorités.
L’expertise maritime d’ARGO ANLEG s’est construite progressivement depuis les premiers projets embarqués : un premier projet fluvial dès 2010, puis une application militaire, des prototypes et, aujourd’hui, des systèmes destinés à des navires classés. Cette expérience a permis à l’entreprise de développer des architectures spécifiques, notamment pour les configurations open deck, les stockages confinés sous pont, les solutions swappables ou les tank-tainers adaptés aux usages fluviaux et portuaires.
« Nous ne sommes plus seulement à l’ère des prototypes : nous entrons dans la mise en œuvre opérationnelle à bord. Le secteur reste en apprentissage : sociétés de classification, pavillons, chantiers et équipementiers progressent avec les projets, souvent avec des processus case by case ou en alternative design. Il faudra encore plusieurs années pour converger vers des standards plus fixes et des certifications de type pour les systèmes de stockage H₂ à bord », souligne Benoît Perrot.
ARGO ANLEG fait partie des acteurs ayant contribué aux premières approches d’approbation pour les composants et systèmes H₂ maritimes, notamment sur la possibilité d’intégrer le stockage dans un environnement confiné sous pont. Selon les projets, les composants et systèmes ont fait l’objet de démarches d’approbation avec des organismes tels que DNV, Lloyd’s Register ou Bureau Veritas.
L’année 2026 devrait constituer une étape importante, avec la mise en service de plusieurs premiers navires classés intégrant des technologies ARGO ANLEG. Parmi les projets concernés figurent notamment Dhamma Sea, sous pavillon de Malte et classe DNV ; Shiptech, sous classe Lloyd’s Register ; Rheinus, avec une première barge hydrogène sur le Rhin équipée de H₂Tank-Tainers de 500 kg ; Green Navy, avec un chemin d’approbation autour du stockage à proximité des passagers avec Bureau Veritas ; ainsi que K-Challenge, avec le navire K3H2, intégrant un système confiné soumis à de fortes contraintes opérationnelles.

Une filiale française au plus près des projets
Avec ARGO ANLEG SAS, l’entreprise souhaite renforcer sa présence en France et accompagner les projets dès leurs premières phases. La filiale s’adresse à l’ensemble des acteurs français de l’hydrogène : ceux qui souhaitent intégrer des composants dans leur propre système, ceux qui recherchent un sous-système ou un stockage plug & play, et ceux qui ont besoin d’un accompagnement plus complet, de l’architecture au dossier d’approbation.
ARGO ANLEG SAS intervient notamment sur la définition des configurations de stockage, les premiers échanges avec les autorités, l’analyse de risques, la sécurité, le suivi d’approbation et l’accompagnement projet. Cette approche est particulièrement adaptée aux projets maritimes, où les choix d’architecture réalisés en amont conditionnent fortement la faisabilité technique, réglementaire et économique.
La filiale est portée par deux profils complémentaires. Basile de Parscau, directeur technique, docteur et passionné de voile à haut niveau, a travaillé chez Airbus et Ariane avant de mener des projets de R&D sur des réservoirs hydrogène gazeux et liquide. Il s’est ensuite spécialisé dans la sécurité et l’approbation des systèmes H₂ embarqués sur navires classés.
Benoît Perrot, responsable de l’activité de l’entreprise en France, s’est formé sur le terrain lors de mises en service de centrales électriques et de navires, avant d’évoluer vers le développement produit, le business development, puis la gestion de projets et le chiffrage de solutions H₂ pour navires classés.
Des stations mobiles pour lever les premiers verrous
Au-delà des systèmes embarqués, ARGO ANLEG développe également des solutions mobiles d’avitaillement et de distribution d’hydrogène. Ces stations mobiles sont nées d’un besoin concret : permettre la mise en service des premiers prototypes et démonstrateurs, alors que les infrastructures d’avitaillement fixes ne sont pas encore disponibles.
Ces solutions ont déjà été utilisées pour différents cas d’usage : exploitation annuelle d’une dameuse de neige dans les Dolomites, tests de camions en Suède, engins de chantier, événements comme les Jeux Olympiques ou encore remplissage du HSV de K-Challenge lors du BrittanHy Day à Lorient.
Pour les ports, cette approche est pragmatique. Elle permet de tester les usages, d’avitailler un navire, d’alimenter un démonstrateur ou de produire ponctuellement de l’électricité à quai sans investir immédiatement dans une infrastructure lourde. Les solutions peuvent associer stations mobiles et tank-tainers, pour apporter de quelques dizaines de kilos à 500 kg, voire 1 tonne d’hydrogène selon les configurations.
ARGO ANLEG travaille également sur une nouvelle génération de stations mobiles ADR, dont la première doit être livrée à K-Challenge à Lorient.

Participer à l’apprentissage opérationnel de la filière
Depuis Lorient, ARGO ANLEG SAS souhaite participer à une phase clé pour la filière hydrogène : celle de l’apprentissage opérationnel. Un projet H₂ demande du temps, des investissements, de l’acceptabilité, une méthode, une compréhension fine des risques et un dialogue structuré avec les autorités.
La demande se renforce dans le maritime et le fluvial, mais aussi dans le ferroviaire, l’aéronautique, la défense, les drones, le portuaire et certaines applications de mobilité. En parallèle, l’entreprise poursuit ses travaux de R&D sur l’hydrogène liquide, domaine dans lequel elle a déjà développé des composants sur différents projets et souhaite continuer à investir.
ARGO ANLEG travaille régulièrement dans le cadre de programmes européens ou collaboratifs. Sa filiale française a vocation à porter une partie de cette dynamique de R&D et à contribuer au développement et à l’industrialisation de produits et systèmes hydrogène depuis la France.
L’ambition reste pragmatique : l’hydrogène n’est pas une réponse unique, mais une brique pertinente dans certains usages exigeants. ARGO ANLEG SAS veut aider les acteurs français à passer de l’idée à l’application opérationnelle, avec des composants et systèmes fiables, approuvables et industrialisables.



