moteur ehm présenté lors d'HyVolution 2024

EHM, H2Gremm, H2X-Ecosystems, une collaboration moteur pour l’hydrogène en Bretagne

EHM a fait appel aux expertises d’H2X Ecosystems et d’H2Gremm afin de poursuivre le développement de son moteur hydrogène à 5 temps. Une collaboration 100% bretonne et 100% finistérienne qui témoigne du positionnement de la Bretagne pour le développement de la filière H2, entre boucles locales et solutions industrielles. Didier Arénal, PDG d’EHM, Olivier Le Strat, cofondateur d’H2Gremm, et Stéphane Paul, PDG d’H2X-Ecosystems, précisent les contours de cette collaboration.

 

Pouvez-vous rappeler les solutions développées par H2X-Ecosystems, H2Gremm et EHM ?

Stéphane Paul : H2X-Ecosystems développe des piles à combustible, des réservoirs d’hydrogène amovibles et connectés, ainsi que des générateurs couvrant des puissances de 5 kW à plusieurs mégawatts. Ces solutions répondent à différents usages, allant des antennes télécoms à des camps, notamment militaires, jusqu’aux applications industrielles comme l’effacement énergétique, l’alimentation de bateaux à quai ou de data centers pour la production statique d’électricité.

L’entreprise travaille également sur des solutions mobiles, en particulier des robots destinés à l’armée et à d’autres usages, intégrant piles à combustible et réservoirs amovibles, avec une industrialisation en cours. En parallèle, H2X Ecosystems développe des projets de rétrofit de véhicules industriels, comme la conversion de chariots élévateurs en solutions électro-hydrogène.

Olivier Le Strat : H2Gremm fabrique des micro-stations d’hydrogène qui permettent de produire, conditionner et distribuer l’hydrogène directement sur site, sans dépendre de livraisons externes. Cette production locale apporte de la flexibilité, de la souveraineté et de la résilience aux entreprises et aux territoires.

Ces micro-stations n’ont pas vocation à remplacer les hubs, mais à être complémentaires. Les études montrent qu’un hub de distribution d’énergie s’appuie sur un réseau de 100 à 200 stations satellites, selon un modèle que l’on retrouve aussi bien dans les carburants, la recharge électrique ou les télécoms. Nous nous positionnons clairement sur cette logique de satellite.

Didier Arénal : EHM développe un moteur à combustion interne fonctionnant à l’hydrogène. Nous concevons des moteurs à combustion de nouvelle génération destinés aux applications lourdes dans le but de décarboner des secteurs difficiles à électrifier : le ON-ROAD avec camions, bus et autocars, le OFF-ROAD avec les engins de chantier et le stationnaire avec les groupes électrogènes.

 

Pouvez-vous présenter ce moteur hydrogène à cinq temps ?

D.A. : Au mois d’avril, nous serons à la troisième étape, du développement avec de nombreuses améliorations. Nous entrons dans une phase de maturité aujourd’hui avec la finalisation, en ce qui concerne EHM, de la partie R&D. Nous aurons ainsi besoin d’hydrogène en quantité notamment lorsque nous entrerons dans les tests d’endurance. H2Gremm interviendra pour l’apport en H2. H2X-Ecosystems apportera ses expertises en matière de stockage de l’énergie.

 

Production et stockage : les briques technologiques du projet

Quelles briques technologiques apportent H2Gremm et H2X-Ecosystems dans la genèse du moteur d’EHM ?

O. L-S. : Comme l’a précisé Didier, H2Gremm apporte la brique « production d’hydrogène conditionnée ». La technologie de combustion interne d’EHM implique de fournir une qualité permettant d’éviter toute contamination (O₂, humidité, traces de polluants) susceptible d’affecter la performance du moteur. H2Gremm fournit nativement une qualité d’hydrogène hydrogène de haute pureté (classe6), compatible aussi avec les exigences des piles à combustible, sous pression de 300-350 bars en distribution.

S.P. : H2X-Ecosystems est chargée de la partie réservoir. Précisément, avec le modèle H2X T1000, qui est un réservoir amovible d’un kilo d’hydrogène. Il a la particularité d’être connecté à notre plateforme RHYDE garantissant l’origine du gaz avec des données certifiées par l’Afnor et d’affirmer que l’usage de l’hydrogène est bien décarboné. L’autre particularité du réservoir est qu’il est certifié TPED, indiquant que l’on peut l’utiliser comme une bouteille de gaz domestique hyper étanche et sécurisée.

 

Comment se sont dessinés les contours de cette collaboration 100% bretonne et même 100% finistérienne ?

D.A. : Nos trois entreprises se connaissent bien. Nous nous côtoyons régulièrement sur le pavillon breton lors d’HyVolution. À force d’échanger, de nous rencontrer, des évidences émergent. Et nos entreprises sont toutes les trois basées en Finistère.

S.P : La force de ce projet, c’est qu’il regroupe trois entreprises purement industrielles. Nous avons des ateliers avec des ingénieurs et des techniciens qui échangent et qui créent des ateliers.

O. L-S. : Le point essentiel, c’est la proximité entre nos trois entreprises. Nous travaillons sur des thématiques proches avec une philosophie et un état d’esprit similaire. Nous avons aussi une bonne connaissance mutuelle de nos complémentarités. C’est une force assez remarquable et rare sur le territoire.

 

Une synergie 100% finistérienne

Justement que dit ce projet de la filière bretonne de l’hydrogène ?

D.A. : Le projet témoigne du dynamisme breton. Que le territoire et ses acteurs ont la capacité de monter des projets collectifs qui permettent de nous nourrir mutuellement. Aujourd’hui, nous voulons attirer des profils ingénieurs. Ils savent que l’écosystème finistérien est actif.

O.L-S. : Raisonner en cluster est toujours beaucoup plus confortable pour développer nos entreprises plutôt qu’être isolé. La Bretagne, au même titre que les régions PACA et Occitanie, est un territoire dynamique en matière d’hydrogène. L’hydrogène répond à une problématique d’énergie et l’énergie répond aux problématiques de décarbonation, par la mobilité, par les notions d’augmentation de l’autonomie, comme le fait H2X Ecosystems avec l’autonomie des robots et des drones. Au sens large, de Brest à Quimper, il y a, je pense, une dizaine d’entreprises qui travaillent sur les thématiques énergétiques, comme Entech, avec qui nous sommes très complémentaire. La démarche « Quimper-Cornouaille Terre d’énergie(s) » en est le témoin.

S.P. : La filière bretonne est différente de celle que l’on peut observer dans d’autres régions. La montée en maturité se fait progressivement. Nous formons les personnes, nous concevons les technologies. Nous les testons, nous les poussons à leurs limites, nous les refaisons et nous recommençons. Aujourd’hui, nous arrivons sur un marché qui se structure. Tous les produits que nous fabriquons apportent de la valeur à nos clients. Je pense que l’équivalent français de ce qui fait en Finistère, c’est Belfort, car ce sont des industriels, comme nous, qui travaillent sur ces sujets.

D.A. : Ce projet n’aurait pas été ce qu’il est sans le soutien de la Région Bretagne, qui nous accompagne.

 

Quel est le calendrier à venir du projet ?

D.A. : La troisième version du moteur doit être finalisée en avril 2026. La montée en cadence du besoin en hydrogène devrait intervenir au second semestre. En 2027, nous devrions avoir un besoin d’hydrogène assez massif. L’ambition est d’aller au marché fin 2027 courant 2028. Nous avons, déjà des précommandes. Le moteur doit être fiabilisé, avoir un certain nombre d’heures de fonctionnement afin qu’il soit conforme aux attentes.

 

Pour en savoir plus :

  • Rencontre de ces trois acteurs sur le pavillon Bretagne à HyVolution 2026 où ils seront coexposants, du 27 au 29 janvier, avec un temps fort mercredi 28, durant lequel s’exprimeront.
  • EHM interviendra pour présenter son moteur finalisé lors de la rencontre semestrielle de la filière Bretagne Hydrogène Renouvelable jeudi 9 juillet 2026 (Bâtiment 78, La Janais (35)